Pantone à toutes les sauces

Un beau jour de magasinage et me voilà stupéfait de trouver des brosses à dents aux couleurs Pantone dans une petite boutique d’un centre commercial! Pantone? C’est le fameux système standardisé en numéros et recettes, si familier aux graphistes et imprimeurs, qui fut développé au milieu du siècle dernier afin d’uniformiser la reproduction des couleurs. Par exemple, votre vieux petit bulletin trimestriel d’entreprise était reproduit en 2 couleurs, soit Noir et Pantone 300 (un ton vif de bleu). Toujours un standard très suivi et reconnu, même si les beaux jours de l’imprimerie traditionnelle sont derrière nous, on lui découvre depuis quelques années une vocation toute autre qui amuse par son aspect rétro. Ce fut un phénomène très à la mode et on trouve aujourd’hui toutes sortes d’articles arborant encore les nuances PMS (Pantone Matching System): tasse, poivrière, étui à verres de contact, chaises pliantes, cahiers de notes, vêtements divers, clefs USB, sacs, bouteilles de sport et bien plus! Original, étonnant parfois et toujours amusant…

Le site de Pantone

Adieu M. Jobs…

Je suis triste. Mon idole est partie. À jamais. Que dire. Je fais partie des millions de fans qui ont, ce matin, un gros chagrin. Mais que dire. Avec lui, mon métier a été chamboulé plusieurs fois, pour le mieux. Que dire d’autre? Rien sinon merci. Mais il y a ce fameux texte de la campagne Think Different de Apple qui aujourd’hui, prend une toute autre signification. Car ce texte, c’est Steve Jobs dans tout son génie:

«Here’s to the crazy ones. The misfits. The rebels. The troublemakers. The round pegs in the square holes. The ones who see things differently. They’re not fond of rules. And they have no respect for the status quo. You can quote them, disagree with them, glorify or vilify them. About the only thing you can’t do is ignore them. Because they change things. They push the human race forward. And while some may see them as the crazy ones, we see genius. Because the people who are crazy enough to think they can change the world, are the ones who do.»

Adieu.

(Photo: © news.com.au)

Thanks Steve! Jobs well done…

Cher Steve. On ne se connait pas. Mais je t’ai vu lancer OSX Public Beta et des nouveaux iBooks au Apple Expo Paris le 13 septembre 2000. En personne! Tout excité, j’y étais aux petites heures du matin pour chauffer une des premières places. Dans la salle, fébrile comme pas un, je ne pouvais croire que j’assistais à une de tes désormais célèbres «Keynote». En fait, mon enthousiasme remonte à 1988 avec un Macintosh II et un écran SuperMac couleur. Une bombe pour l’époque. Se sont suivis divers modèles dont mon préféré, un rutilant iMac Tangerine 1999 qui a fait le trajet Québec-Paris-Montréal sain et sauf. Futée et infaillible, cette petite machine a fait les beaux jours de mon séjour en terre française, même au bureau qui n’avait pas encore de mac! D’autant plus génial que la source électrique pouvait se changer de 110 à 220. Le bonheur est dans les détails. C’est cela Apple. Et c’est grâce à toi. Aujourd’hui, je partage ces souvenirs sur un bon vieux MacBook Pro 17″ qui tirera sa révérence bientôt après 5 ans de loyaux services, des centaines de transport entre le bureau et la maison mais aussi de Tokyo à Bali en passant par Casablanca, Milan, Londres, Paris, New York… et quelques mises à niveaux matérielles! Fiabilité irréprochable n’importe où, n’importe quand. Et c’est juste parce que l’écran commence à montrer de l’âge et que l’envie incontrôlable d’un MacBook Air sonne à ma porte! Plus qu’un produit, tu as pavé la route d’une philosophie unique que j’applique au studio à ma façon. Cette vision et ce souci de la perfection a créé des hordes de fans, dont moi. Fidèle à tous les lancements, en congé pour tous les événements jadis en direct sur le net, en file des heures aux magasins pour les nouveaux produits avec T-Shirts à l’appui, photographié devant tous les Apple Store que mes voyages permettent. Une vraie passion. Une grande leçon du travail bien fait. Une belle époque qui s’achève. Un sincère merci à toi. On ne se reverra peut-être pas…

Mise à jour (5 octobre): même si je m’en doutais un peu, je ne croyais pas si bien écrire… moins de 2 mois après cet article-hommage, Steve nous quittait à jamais!

Un composant ou une composante?

Les deux! En travaillant sur un rapport annuel, lors de la vérification finale, on s’est arrêté sur ce mot qui peut être très embêtant: composant(e). Il peut être adjectif, nom masculin et nom féminin. Pour l’adjectif, ça va de soi. Mais pour le nom commun, c’est le domaine dont on parle qui fera la différence. Tout en restant un «élément constitutif» dans les deux cas, ce mot sera du genre masculin en chimie (composant d’un corps chimique) et en technique (composant d’une machine) mais du genre féminin en astronomie (une étoile composante d’un système), en mécanique (force composante) ou en géométrie (composante d’un vecteur).

Krafix au SIDIM 2011

La 23e édition du SIDIM (le Salon International du Design d’Intérieur de Montréal), avec plus 300 kiosques, avait lieu récemment. Plus de 20,000 architectes, designers d’intérieur, graphistes et quiconque ayant un intérêt pour le design avait rendez-vous avec les nouvelles tendances Place Bonaventure à Montréal. Et bien sûr, Krafix était du nombre!

Des produits de toutes sortes y étaient présentés: des meubles d’extérieur lumineux (par Qui est Paul?), des baignoires de toutes les formes, les mignonnes lampes Lotus (par APL), des meubles antiques rénovés avec de nouveaux matériaux (par Côté France), des toiles d’artistes, etc. Parmi tout cet amalgame d’exposants, certains ont retenu notre attention plus que d’autres. On pense entre autres à Monde Ruelle qui a démontré, par le travail de ses créateurs, que le design écoresponsable n’est pas seulement pour les hippies! Par exemple, on y trouvait des lampes composées de boîtiers de disques compacts (par Véronique Lamarre), une chaise en «tripes» de pneu de bicyclette (par Lambert Ouellet), et même un banc fait d’une marche provenant d’un escalier roulant (par Lady Marianne)! Il y avait aussi les fameuses lampes Del (par Barrisol, dont on peut admirer le spectaculaire travail d’éclairage au Wunderbar de l’Hôtel W à Montréal), dont la couleur de l’éclairage est réglable par télécommande!

Bref, que le but de la visite du SIDIM ait été de réseauter, de s’inspirer ou seulement de venir admirer toute cette panoplie articles stylisés réunis sous un même toit, tout le monde y a trouvé son compte!

Financement artistique nouveau genre

Vous avez un projet créatif en tête mais malheureusement pas accès au financement nécessaire à sa réalisation? Il existe peut-être une solution…

La production communautaire, la production participative ou le financement participatif sont autant de façons de nommer cette nouvelle possibilité de subvention qui consiste à «faire appel aux internautes pour trouver les fonds nécessaires à l’aboutissement d’un projet de création» (et je cite Wikipédia, qui est également basé sur ce principe). Rendue possible grâce aux nouvelles technologies de l’information et de la communication, la production communautaire existe sous deux formes : soit par le soutient de l’artiste, soit par un investissement dans son projet. Dans le premier cas, l’internaute s’engage à remettre une somme au concepteur en échange d’un bien proportionnel au montant versé (un souvenir, un vidéo exclusif, une parcelle de l’œuvre) ou d’une entente préétablie (comme un crédit au générique). Dans l’autre mode, l’internaute investit dans la réalisation du projet et acquiert ainsi une partie des droits. Il se verra donc remettre, plus tard, des dividendes sur les bénéfices générés.

Des créations de toutes sortes ont vu le jour grâce à ce nouveau mode de financement collectif : GoPano (une caméra 360° pour iPhone 4), Urbio (un magnifique jardin mural) plusieurs albums musicaux, des documentaires, etc. Kickstarter est un de ces sites permettant aux innovateurs de ce monde d’afficher leurs idées afin d’amasser la somme requise à l’accomplissement de leur projet. Il a pour particularité de ne réclamer qu’une petite part de l’argent amassé (5%) et de ne pas intervenir dans les droits d’auteur. Fondé aux États-Unis en 2009, il est depuis peu accessible aux canadiens. Son mode de fonctionnement est relativement simple. La première étape consiste à la présentation du projet (une courte vidéo reste la meilleure façon d’attirer l’attention du public). Ensuite, il faut fixer le montant à atteindre ainsi que la date d’échéance à la levée de fonds, celle-ci étant d’un maximum de 90 jours. Il ne reste plus qu’à établir les «tranches de dons» (ex. : 5$, 15$, etc.) ainsi que ce qu’on offre en échange. Par exemple, un illustrateur ayant comme objectif de réaliser et de publier une BD pourrait offrir, en échange de 5$, une carte postale d’une de ses illustrations ; en échange de 15$, une carte postale plus la BD en pdf, et ainsi de suite. Une fois l’inscription complétée, il ne reste plus qu’à se croiser les doigts en attendant le jour J. Si tous les objectifs sont atteints, l’argent est remis à l’heureux concepteur et le projet peut enfin peut démarrer! Dans le cas échéant, aucune âme généreuse n’est facturée et l’artiste reste fauché. Ultimement, rien ne l’empêche de réitérer sa demande de financement autant de fois qu’il le désire…

Bonnes créations!

Une soirée d’élections 2.0

Tranche de vie: ce lundi 2 mai 2011 fut mon baptême d’élections pleinement «web 2.0». Facebook, Twitter, Internet… cette fois-ci je m’étais promis de tenter le grand jeu. Verdict: wow! Passons la question politique mais de toute évidence, avec un tel tsunami orange du Nouveau Parti Démocratique (NPD), les médias sociaux ont joué un rôle déterminant. D’autant plus que personne ne s’explique encore très bien le phénomène. Pour l’anecdote, les photos de profil changées pour du orange (couleur du NPD) se sont multipliées à une vitesse folle dans la dernière semaine, que ce soit pour une orange, un carré de couleur avec ou sans la moustache de M. Layton, un «six-pack» de boisson à l’orange «Crush» avec la mention «Jack» à la place et même la fameuse boîte de maïs soufflé «Cracker Jack» dont seul le mot Jack restait (Jack étant le chef du parti). De mon côté, l’expérience fut extrêmement enrichissante, ne serait-ce que d’un point de vue technologique. Échanges à chaud sur Facebook avec des liens, de l’info venant de partout, des discussions enflammées et cela, avec des amis mais aussi des connaissances lointaines et même des personnes externes à mon groupe d’amis. Aussi, des réactions instantanées et fascinantes sur Twitter avec une multitude de points de vue (plus ou moins pertinents parfois) par des politiciens, journalistes, animateurs radio et télé, et vedettes de tout acabit dont les propos vont dans tous les sens, passant des simples résultats jusqu’au possible état d’ivresse d’un candidat! Un mini «TweetFight» s’en est d’ailleurs suivi. Enfin, comparaison de résultats sur le net avec Radio-Canada, Cyberpresse (page de résultats souvent en panne), CBC, CTV, … Bref, une soirée passionnante avec un ordinateur sur les genoux, un iPhone dans les mains, une télé avec image-sur-image dans le coin de l’œil (Radio-Canada décevant) et un sofa heureusement confortable!

Internet a-t-il changé nos vies?

Une petite histoire toute simple mais si éloquente! Je cherche un billet de spectacle. Un ami a une connaissance Facebook qui vend à moitié prix! Le vendeur m’écrit. C’est un billet électronique. Il propose l’envoi du billet par courriel en échange de son numéro de compte bancaire pour le dépôt du montant. Je suis inquiet. Arnaque? Ce serait si facile de le vendre 25 fois sous un faux nom… Une mini enquête s’impose. En quelques minutes, je trouve son compte Twitter avec une évidence sur ses goûts musicaux et ses contacts, puis des photos de lui et le nom de son employeur sur Google, ce qui me permet de trouver sa photo dans un PDF en ligne de son employeur qui confirme que c’est son vrai nom et sa page Facebook n’est pas entièrement bloquée aux étrangers, je vois donc bien de qui il s’agit. Je vois même son message qui dit qu’il ne peut assister au show pour problème de santé. Je suis rassuré. Je réponds que c’est OK. Je reçois le billet, je l’imprime. Le lendemain matin, arrêt à la banque. Le tour est joué! Morale de cette histoire: c’est fou qu’une transaction puisse se faire sans jamais connaître la personne et en plus, de façon entièrement électronique. Mais surtout, et c’est ce qu’il faut retenir, c’est incroyable qu’en quelques clics, on puisse en apprendre autant sur quelqu’un!

Espace hermaphrodite

Saviez-vous que le mot «espace» peut être masculin ou féminin? Oui, oui, féminin! Tout le monde sait que espace est normalement masculin. Un bel espace, de grands espaces, espace restreint… Cependant, en typographie, vous aurez la surprise de découvrir que c’est un mot féminin. Quand on parle du caractère, bien sûr. Une espace fine, espace moyenne, espace forte… Ça peut paraître bizarre pour la moyenne des gens mais dans le monde de l’édition, ce n’est pas si rare encore aujourd’hui d’entendre quelqu’un parler d’espace au féminin. Mais oui, cela se perd un peu malheureusement car ça vient du temps des poinçons en métal. Ainsi, quand un graphiste vous dira dorénavant qu’il devrait y avoir «une espace avant les deux-points», vous ne pourrez plus le reprendre!