Espace hermaphrodite

Saviez-vous que le mot «espace» peut être masculin ou féminin? Oui, oui, féminin! Tout le monde sait que espace est normalement masculin. Un bel espace, de grands espaces, espace restreint… Cependant, en typographie, vous aurez la surprise de découvrir que c’est un mot féminin. Quand on parle du caractère, bien sûr. Une espace fine, espace moyenne, espace forte… Ça peut paraître bizarre pour la moyenne des gens mais dans le monde de l’édition, ce n’est pas si rare encore aujourd’hui d’entendre quelqu’un parler d’espace au féminin. Mais oui, cela se perd un peu malheureusement car ça vient du temps des poinçons en métal. Ainsi, quand un graphiste vous dira dorénavant qu’il devrait y avoir «une espace avant les deux-points», vous ne pourrez plus le reprendre!

Ah que le graphisme a changé…

À une autre époque…
Un crest, un pamphlet, un poster et un billboard

Au siècle dernier…
Un logotype, une papeterie, une brochure gloss, un dépliant accordéon

Au tournant du siècle…
Une signature corporative, un rapport annuel et un site web en flash

Ces dernières années…
Une identité, un site avec gestionnaire de contenu, une page Facebook, un compte Twitter

Et demain…
Un site Facebook???

C’est ce que me disait un collègue ce midi!

Graphisme par ordinateur!

En 1985, à l’université, on faisait absolument tout à la mitaine. C’était d’ailleurs la seule façon! Encre, plumes, cartons, colle, rubans, gouache, galées de textes, etc. Pas d’ordi, pas de mac, pas d’informatique. Mais quand j’ai débuté comme graphiste en 1988, j’ai eu la chance d’être appelé par la toute première boîte qui utilisait des ordinateurs pour faire du graphisme à Québec. Un superbe défi d’adaptation et d’humilité. Un doux sentiment d’être un peu révolutionnaires nous habitait chaque jour. Mais on se jetait quotidiennement dans la gueule du loup les yeux fermés sans y penser… En 1995, j’ouvrais mon premier studio. Et encore à cette époque, c’était toujours de mise de bien mettre en évidence notre utilisation de la technologie! Ça faisait «in»! Lisez bien ceci: on avait fait mettre en lettrage dans la vitrine «Graphisme par ordinateur». Ça ferait pouffer rire tout le monde aujourd’hui. Songez seulement qu’en très peu de temps, il y a eu un chambardement monstre dans le monde du graphisme et certains, comme moi, ont dû se réadapter entièrement plusieurs fois en cours de carrière. Quand j’en parle autour de moi au studio, les jeunes qui n’ont pas connu autre chose que le Macintosh comme outil de travail ont les yeux bien écarquillés devant tant d’anecdotes d’une autre époque. Et pourtant, ce n’est pas si loin, à preuve, on travaille bel et bien ensemble aujourd’hui!

La fin d’une époque: les cartes touristiques

Tout chaud! On vient de recevoir les copies imprimées des cartes touristiques «La Route Accessible» 2011 de Kéroul: 72h de travail à 2 graphistes, plus de 100 établissements à traiter dans les 2 langues, un dossier entier de plus 600 fichiers pour un peu plus de 3 gigaoctets! C’est la 3e et dernière année de ce format tiré au total à 30 000 copies. Auparavant, il s’agissait d’un guide papier un peu complexe. Le format carte fut une avenue intéressante. Mais aujourd’hui, tout se fait sur appareil mobile, sur Internet, sur ordinateur, par GPS, etc. On ne plus espérer que ce genre de document, qui constitue pour nous un superbe défi de montage et d’organisation de l’information, mette du pain sur la planche bien longtemps pour le studio. Il faut se tourner vers autre chose. 2012 verra plutôt une version magazine bien ciblée. Il n’en tient maintenant qu’au client de faire évoluer ce beau produit. Le site web correspondant en est déjà une bel exemple. La Route Accessible en ligne

Twitter, blogue, Facebook, de la R&D pour les nuls

Un voisin de pallier au bureau me demande en voyant notre page Facebook à l’écran: «Dis donc, ça marche bien votre page?». Après avoir esquissé un sourire, je suis bien obligé de répondre que ça ne «marche» pas vraiment et que le but est tout autre. En fait, pour tous ceux qui se demandent s’il faut absolument avoir tout ça, la réponse est non. L’idée est d’avoir une présence complète sur le web. De partager son expertise. De parler de ce qui nous motive. De «twitter» ce qui nous allume. Car les autres entreprises ne parleront pas de nous ou pour nous à notre place. J’appelle ça de l’auto-diffusion. Pensez au client qui va voir votre site Internet pour se faire une idée de votre compétence ou de votre professionnalisme. La qualité graphique ou rédactionnelle peut certainement peser dans la balance mais imaginez qu’il constate aussi que vous êtes constamment à l’affût des nouveautés dans votre domaine, que vous en parlez sur votre blogue, que votre activité sur Twitter présente régulièrement des liens intéressants à consulter et que votre page Facebook contient toutes sortes d’informations utiles. Tout ce contenu, formaté à l’ancienne, pèserait un peu lourd dans un site Internet de type vitrine, par exemple. Mais aujourd’hui, grâce à la technologie, non seulement vous développez un avantage concurrentiel mais vous vous donnez les moyens d’élargir vos horizons. Car ces mises à jour nécessitent tout de même un peu de recherche hebdomadaire, voire quotidienne. Voyez cela comme de la R&D pour les nuls! On a pas tous le temps de faire de la recherche, aller dans tous les congrès, lire tous les blogues sur un sujet… mais le web 2.0* est étonnamment facile à intégrer. Oui, il faut quand même un peu de temps mais davantage en petits morceaux réguliers plus faciles à gérer. Et à la longue, c’est payant. C’est vrai que Krafix n’y est pas encore tout-à-fait mais ma première réaction a été de répondre à mon voisin «On est très contents, une belle synergie de moyens s’installe et c’est du long terme de toute façon». On donne l’exemple et l’habitude est déjà ancrée… (*web 2.0 = médias sociaux)

Son nom dans les médias sociaux

Vous voulez entrer dans les médias sociaux par la grande porte en vous inscrivant partout avec votre nom? Dépêchez-vous! Il est probablement déjà pris ici et là. Vous ne pourrez sans doute pas opter pour un seul et même nom dans tous les cas. Pensez à tout: Facebook (25 fans minimum requis pour sécuriser un nom), Twitter, LinkedIn, Flickr, Youtube, Dailymotion, Blogue, compte Google, Gmail (comme adresse alternative), et même un domaine «.com» sera difficile à trouver… Par exemple, pour «Krafix», notre nom sur Twitter, LinkedIn et WordPress n’étaient pas disponibles! Il a fallu ajouter «inc» pour se différencier. Quoique le mot Krafix soit complètement inventé et unique, il y a tout de même 3 compagnies, 2-3 blogueurs et quelques monsieur-tout-le-monde sur la planète web qui ont eu la même idée et l’utilisent aussi. Bref, faites vite avant qu’on vous dame le pion!

Pourquoi re-re et re-vérifier

Nous montons une carte touristique. Un travail de 75 heures à 2 graphistes en 2 semaines. On est brûlé, on ne voit plus clair. C’est vendredi, ça part enfin chez l’imprimeur à 16h30! Bravo tout le monde. On est confiants car 5 personnes passent dessus en correction: 2 chez Krafix, 3 chez le client. Tout a été vu et revu de haut en bas, de long en large. Superbe travail d’ailleurs. Puis arrive lundi. Les épreuves finales de presse sont livrées par le représentant. Ca se passe bien et tout-à-coup… OOPS!!!!!! Dans la version anglaise, on trouve une légende de pictogrammes entièrement en français!!! (#@‡!&!*). Vraiment??? Le fait est que pour faciliter le montage, on repart chaque année de la version française pour faire l’anglais sauf que tout le monde a pris pour acquis que ça ne changeait pas d’une année à l’autre. Eh bien voilà… Morale de cette anecdote? Quand tout le monde a lu, scruté, vérifié et est sûr de soi: prenez une pause, revenez demain et re-re-re jetez un oeil dessus! Tout peut arriver…

Je m’arrête ou je continue

En informatique, surtout les applications de graphisme, à la question «Il y doit bien y avoir un moyen plus facile et rapide de faire ceci», la réponse est probablement «Oui». La plupart du temps, il y a bel et bien une commande ou une fonction pour le faire. Suffit de la trouver. Les logiciels sont aujourd’hui bien trop sophistiqués pour penser que ça ne puisse exister. Mais les plus jeunes dans le métier sont souvent peu enclins à tout arrêter pour bien réfléchir à un problème et prennent souvent, sans trop y penser, un grand détour inutile. Chez Krafix, nous avons développé une politique toute simple et qui fait son effet à tout coup! Devant le questionnement, on arrête tout (même les feuilles de temps), on trouve LA bonne solution, et on repart seulement ensuite. Évidemment, on perd du temps sur le coup. Mais à la longue, le gain de productivité est bien réel. C’est d’ailleurs un des meilleurs moyens pour acquérir de la rapidité d’exécution, ce qui permet de laisser la place à la création. Et surtout, on avance au fil des années avec l’assurance qu’on aura plus jamais à se soucier de ce problème particulier. Un exemple: au lieu de remplacer dans un document un mot précis 75 fois à la mitaine par une image, on a découvert qu’on pouvait faire un «recherche-remplace» par le contenu du presse-papier. Ca semble anodin mais il aura fallu tout arrêter 20 minutes pour trouver cette solution pourtant si simple. L’avantage, c’est que dorénavant, plus jamais nous n’aurons à perdre de temps à le faire à la main! Et ce, pour les 5-10-20 prochaines années…

Les numéros de téléphone

Depuis la numérotation à 10 chiffres, on utilise plus les parenthèses ou de trait-d’union après le code régional dans l’écriture des numéros de téléphone. Ainsi, selon l’Office de la langue française, la bonne façon au Québec de les écrire est la suivante:

514 678-9700
1 800 555-5555

Les présentations à éviter:
514-678-9700
514.678.9700
(514) 678-9700
1 (800) 555-5555
1-800-555-5555

Cependant, au Canada anglais, selon le Bureau de la traduction du Canada, on utilisera :
514-678-9700

Krafix privilégie celle recommandée par l’OQLF en tout temps. C’est ce que nous préconisons toujours en épreuve 1 de toutes nos propositions. Les fantaisies graphiques suggérées par le client sont évidemment tenues en compte.

Quelques mentions à corriger :

Bureau Suite
Télécopieur Fax
Poste Extension
boulevard / boul. blvd

Comment écrire une adresse

Il y a souvent confusion avec les clients sur la façon d’écrire une adresse. Outre les fantaisies graphiques, que Krafix tente toujours de garder au minimum dans ses créations, il y a 2 façons de les écrire: en communication administrative et en communication postale. Le service des postes a d’ailleurs des normes très bien établies sur le sujet (Normes de Postes Canada). Quant aux communications administratives telles que la papeterie, les documents ou les publicités, on se réfèrera plutôt aux règles prescrites par l’Office de la langue française.

Mais ce n’est pas si compliqué que ça. Voici un exemple:

Adresse dans une communication administrative pour une carte de visite, par exemple:

Krafix inc.
Karl Rowley
4521, rue Clark
Bureau 303
Montréal (Québec)  H2T 2T3

La même chose sur une enveloppe postale, sur une étiquette par exemple:

KARL ROWLEY
KRAFIX INC.
303-4521 RUE CLARK
MONTRÉAL QC  H2T 2T3

On notera surtout la différence de la mention de la province. Postes Canada recommande cette nomenclature pour faciliter la lecture automatisée. Donc, écrire «QC» sur une entête de lettre n’est pas de mise! Aussi, on met généralement les informations du plus petit au plus grand et le numéro d’unité juxtaposé au numéro civique par un trait-d’union, ce qu’on ne ferait pas nécessairement sur une carte de visite. Cependant, ces dernières règles sont exclusives à la poste, la version recommandée par l’OQLF peut être utilisée comme envoi postal. Mais pas l’inverse!